Affirmation de soi : négocier avec soi pour trouver la joie
L’affirmation de soi commence bien avant la salle de réunion, avant le rendez-vous client, avant la conversation salariale. Elle commence à l’intérieur, dans ce dialogue silencieux où je décide de sortir du canapé ou d’y rester. Dans ma pratique de coach, je le dis souvent : la négociation la plus difficile n’est pas celle qu’on mène avec un interlocuteur en face de soi. C’est celle qu’on mène avec soi-même, chaque matin, chaque soir, à chaque moment où quelque chose de plus grand voudrait se déclencher.
Dans cette vidéo, je vous raconte comment j’ai fini par accepter de me mettre sur YouTube alors que je détestais l’idée des réseaux sociaux, et ce que ce petit pas m’a appris sur la négociation intérieure, la zone de confort et cette « raison d’être » qu’on cherche parfois toute une vie.
L’essentiel en bref : affirmer sa présence au monde, c’est d’abord négocier avec soi-même pour choisir d’avancer plutôt que de rester dans le connu. Deux boussoles aident à cette décision — l’ikigai japonais et le dharma ayurvédique — et un signal ne trompe pas : la joie qui s’installe quand on est enfin aligné avec ce qu’on veut faire de sa vie.
La négociation avec soi-même, cette première victoire invisible
Pourquoi ce dialogue interne est si difficile
Négocier avec quelqu’un d’autre, c’est presque plus simple. Il y a un enjeu extérieur, une autre personne en face, un objectif clair : obtenir quelque chose. Mon cerveau adore ça, il se met en mouvement, il calcule, il cherche la bonne réplique.
Négocier avec moi-même, c’est autre chose. Je suis à la fois celle qui demande et celle qui refuse. Je suis conditionnée à être qui je suis. Je vis avec moi-même vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Rien ni personne ne me pousse à changer si je ne décide pas moi-même de m’y mettre. Alors comment obtenir quelque chose de soi-même quand on est en même temps le juge, la partie et le témoin ?
C’est là que la négociation intérieure devient une compétence douce à part entière. Ce n’est pas un talent inné, c’est un savoir-faire qui se travaille. Et comme toute compétence, elle demande une méthode et de la répétition.
Se motiver quand personne ne le fait à votre place
Ce matin-là, j’ai réussi un défi avec mon application pour les réseaux sociaux. Un truc tout simple sur le papier. Mais pour moi qui déteste vraiment les réseaux sociaux — les notifications, l’obligation d’écrire, la performance — c’est un pas énorme.
Ce qui a fait la différence, ce n’est pas une injonction extérieure. Personne ne m’a demandé de faire cette chaîne YouTube. C’est un dialogue interne qui a fini par se conclure autrement que d’habitude : au lieu de me dire « je déteste ça, je n’y vais pas », je me suis dit « c’est justement grâce à ça que je vous trouve, que je vous parle, qu’on peut être ensemble même sans être dans la même pièce ». Cette vidéo, quelqu’un la regardera pendant que je dors — et elle continuera à parler pour moi. Le renversement s’est fait en une phrase intérieure. Rien de spectaculaire. Juste un changement de regard sur ce qui m’attendait.
C’est exactement ce que j’observe chez les femmes que j’accompagne : elles arrivent en pensant que le problème est extérieur — un client difficile, un manager qui ne comprend pas, une équipe qui les use — et en creusant, on s’aperçoit que la vraie négociation est intérieure. Apprendre à poser ses limites avec soi-même est souvent le point de départ oublié.
Ikigai et dharma : deux boussoles pour donner du sens
L’ikigai, la raison de vivre à la japonaise
L’ikigai est un concept japonais qui décrit son chemin de vie. C’est l’intersection entre quatre choses : ce que j’aime, ce pour quoi je suis douée, ce dont le monde a besoin, ce pour quoi je peux être payée. Quand ces quatre cercles se rejoignent, on a trouvé son ikigai.
Ce n’est pas un test qu’on passe une fois pour toutes. C’est une exploration. Certaines activités entrent dans deux cercles, d’autres dans trois. Vous pouvez creuser la question avec mon article dédié à l’ikigai, où je détaille comment poser l’exercice sur papier — parce que la main qui écrit stimule à la fois l’analyse et la créativité, et fait remonter des réponses qu’un clavier laisserait échapper.
Le dharma, la version indienne du chemin
Si l’ikigai vient du Japon, la vision indienne s’appelle le dharma. D, H, A, R, M, A. On dit : trouver son dharma, trouver le sens de sa vie. C’est le même terrain, avec un accent différent. Là où l’ikigai est très pratique, très visuel, presque cartographique, le dharma est plus fluide. Il pose la question : qu’est-ce qui, dans ce que je fais, sert quelque chose de plus grand que moi ?
Trois questions qui remplacent tous les grands discours
Quand un mot japonais ou sanskrit vous semble trop lointain, il reste trois questions concrètes.
Qu’est-ce qui est plus grand que moi-même ? Qu’est-ce qui restera après moi sur cette terre quand je ne serai plus là ? Qu’est-ce qui me donne envie de vivre la vie que je veux mener ?
Aucune de ces questions ne se répond en cinq minutes. Mais chacune ramène la conversation intérieure vers un terrain honnête. Et honnête, c’est déjà beaucoup, quand on passe sa vie à s’expliquer à soi-même pourquoi on reste là où on est.
La zone de confort : une prison qui a l’air confortable
Ce qui vous parle en silence quand tout va « bien »
La zone de confort a un charme fou. On est un peu bien là où on est, c’est trop confortable, on n’a pas envie de bouger. Pourquoi se challenger si on est déjà bien ? On est sur le sofa, on mange des chips, on regarde Netflix, tout va bien, on n’a besoin de rien d’autre.
Sauf qu’au fond, ce n’est pas tout à fait vrai. À long terme, le canapé et Netflix, c’est bien momentanément. Vous allez sentir quelque chose de très silencieux et très faible, au plus profond de vous. Une petite voix. Elle dit que peut-être c’est mieux ailleurs. Peut-être qu’il y a autre chose à faire de ces heures-là.
Ce que je constate en coaching, c’est que cette voix ne se tait jamais. On peut monter le son de la télé, elle continue. Elle ne crie pas, elle chuchote, elle attend. Et un jour, elle se transforme en fatigue, en irritation, en sentiment que « la vie passe ».
Le succès habite en dehors de la zone de confort
Rester dans son état actuel, c’est se garantir de rester dans son état actuel. Formulé comme ça, c’est presque une évidence. Sauf qu’on l’oublie. On croit qu’on peut à la fois ne rien changer et voir les choses évoluer. Ce n’est pas comme ça que ça marche.
Le succès — ce que vous définissez comme succès, personne d’autre — vit en dehors de la zone de confort. Il faut faire quelques pas hors du sofa pour aller le chercher. Le mien, c’est d’éduquer, de voir que ce que je transmets fait bouger quelque chose chez la personne en face. Le vôtre, c’est à vous. Vous pouvez creuser la mécanique concrète dans mon article sur les trois zones autour du confort et la méthode pour les traverser.
Envie de tester une première petite négociation avec vous-même ? Je me lance — le quiz gratuit vous donne en quelques minutes votre façon personnelle de poser vos limites.
L’état de flow, quand la joie devient une méthode
Reconnaître un état de flow
Quand je fais ce que je fais aujourd’hui — cette vidéo, ces enregistrements, cette écriture — je suis dans ce que les psychologues appellent l’état de flow. Le temps ne se déroule plus normalement. Je ne vois pas passer l’heure. Il n’y a plus de résistance intérieure, plus de dialogue négatif, plus de « je devrais faire autre chose ». Il n’y a que ce que je suis en train de faire, et une sensation légère de justesse.
Le flow n’arrive pas partout. Il arrive quand ce que je fais utilise ce que je sais faire, à un niveau juste au-dessus de mes capacités habituelles. Trop facile, je m’ennuie. Trop dur, je décroche. Entre les deux, il y a une bande étroite où la joie devient un état de travail.
La joie comme signal, pas comme récompense
On parle souvent de la joie comme d’une récompense qui viendra plus tard, quand on aura réussi. Je crois le contraire. La joie est un signal en temps réel. Quand elle est là, on est aligné. Quand elle disparaît, quelque chose a glissé — soit dans le projet, soit dans la manière de le porter. Écouter cette joie, ce n’est pas se laisser guider par ses caprices. C’est prendre l’information au sérieux, et ajuster.
Ce matin-là, en publiant sur mon application, je suis entrée dans le flow. Ce n’était pas plaisant a priori. Je n’aime pas les réseaux sociaux, je l’ai dit. Mais une fois lancée, une fois que la petite négociation intérieure s’est conclue par un « d’accord, on essaie », le reste a suivi tout seul. Et la joie est arrivée, sans prévenir, par la petite porte du travail bien fait.
Communication interculturelle : ce que l’accent m’apprend
Un accent qui devient un pont
Quand je rencontre quelqu’un pour la première fois en France, on me pose souvent la même question : « Mais d’où venez-vous ? Vous avez un petit accent tellement mignon. » Le petit n’est pas si petit, je le sais, et je ne sais pas s’il est mignon. C’est une façon gentille à la française de me demander : en fait, vous êtes qui ?
En Pologne, d’où je viens, les gens demandent directement : « Ton accent il est fort, tu viens d’où ? » Deux façons très différentes de poser la même question, et déjà tout un monde entre les deux cultures. La France emballe, la Pologne va droit au but. Les deux disent quelque chose de vrai sur la manière dont chaque culture négocie l’inconnu.
Deux cultures dans la même conversation
L’aspect interculturel est présent dans toutes les négociations, pas seulement entre pays. Chaque famille est une culture. Chaque équipe est une culture. Chaque couple est une culture. La culture, ce n’est pas dans mon ADN — je n’ai pas d’émotion polonaise ou d’émotion française, j’ai des émotions humaines. La culture, c’est quelque chose qu’on absorbe avec l’âge, en vivant.
Ce qui m’a servie, c’est justement ce double regard. Je vois comment mes réactions polonaises ne fonctionnent pas toujours ici. Je vois comment les codes français peuvent paraître opaques à quelqu’un qui débarque. Cette double lecture est devenue un outil de coaching, et surtout un rappel permanent : ne jamais tenir la culture de l’autre pour évidente. Vous retrouvez cette exploration dans mon article sur la communication affirmée à la polonaise, où je détaille ce que j’ai appris sur nos non-dits en franchissant la frontière.
FAQ : vos questions sur la négociation avec soi-même
Comment savoir si je suis vraiment dans ma zone de confort ?
Le signe le plus fiable, c’est le silence. Tout va « bien », les journées se ressemblent, rien ne heurte, rien ne surprend. Si en même temps vous sentez une lassitude sourde, ou une petite voix qui dit « et si… », vous êtes probablement dans la zone de confort. Le confort n’est pas un problème en soi — il en devient un quand il vous empêche d’accéder à ce qui vous ferait vraiment plaisir. Vous pouvez télécharger mon guide pratique pour poser les premières questions honnêtes à ce sujet.
Que faire quand je perds ma motivation en plein milieu du chemin ?
Revenez à la question initiale : pourquoi je le veux, vraiment ? La motivation baisse quand on a perdu de vue le pourquoi et qu’on se bat avec le comment. Reformulez la raison en une phrase simple, à la première personne, sans excuse ni justification. Souvent, cette phrase-là redonne cinq à dix pour cent d’énergie immédiatement. Ce n’est pas magique, c’est de la clarté.
Peut-on trouver son ikigai à 40, 50 ou 60 ans ?
Oui, et je crois même que ces âges-là sont les plus fertiles. À vingt ans, on cherche encore ses cercles. À quarante ou cinquante, on a fait le tour de plusieurs métiers, de plusieurs relations, de plusieurs erreurs et de plusieurs réussites. On sait mieux ce qu’on aime, ce qu’on rejette, ce qui nous tient et ce qui nous vide. C’est un âge idéal pour ce type de négociation intérieure — à condition de s’y autoriser.
Affirmation de soi : choisir sa vie, une décision à la fois
Ce qui rend cette négociation possible, ce n’est pas la force de la volonté. C’est la clarté sur ce qu’on veut, sur ce qu’on est prêt à laisser derrière, et sur la joie qu’on cherche à retrouver. Cette clarté ne descend pas du ciel. Elle se construit lentement, par de petites décisions répétées : ce matin je publie, cet après-midi je dis non, ce soir je repose le téléphone.
Chaque « oui » qu’on se dit à soi-même est une brique. Chaque « non » à ce qui ne nous convient plus en est une autre. À force, ce n’est plus une bataille : c’est un chemin.
Si vous sentez qu’il est temps de reprendre la conversation avec vous-même, mais que vous ne savez pas par où commencer, je vous invite à rejoindre l’événement gratuit DIRE NON. Vous verrez pourquoi apprendre à poser ses limites — vraiment — est la porte d’entrée la plus courte vers votre propre joie de vivre.
