Poser ses limites avec soi-même : la méthode de négociation intérieure
Négocier avec les autres, ça s’apprend. Mais poser ses limites avec soi-même — choisir entre deux directions qui semblent également valables, gérer le conflit interne entre ce qu’on veut et ce qu’on croit pouvoir atteindre — c’est souvent là que tout se bloque vraiment. Dans cette session de coaching filmée, j’accompagne Laori, entrepreneuse, qui hésite depuis des semaines sur son positionnement client.
Ce que vous allez voir illustre quelque chose que je répète dans toutes mes formations : la négociation la plus difficile n’est pas celle qu’on mène en face d’un client ou d’un recruteur. C’est celle qu’on mène avec soi-même. Et elle se prépare exactement comme une vraie négociation.
Retenez l’essentiel : négocier avec soi-même, c’est d’abord clarifier ses vraies valeurs (pas celles qu’on dit avoir, celles qui guident vraiment les décisions), définir des indicateurs de réussite personnels, et préparer mentalement trois scénarios — vert, orange, rouge — avant que la situation réelle se présente. Pas après.
La vraie question : qu’est-ce que j’ai envie de faire — vraiment ?
Laori accompagne des entrepreneurs et des chefs d’entreprise dans le développement de leur business en intégrant les salariés dans la stratégie. Mais depuis des semaines, elle hésite entre trois cibles : les artistes, les professionnels du bien-être, et les chefs d’entreprise avec salariés.
Quand je l’ai questionnée sur les personnes qui viennent naturellement vers elle — pas celles qu’elle voudrait avoir, celles qui existent déjà —, la réponse est arrivée d’elle-même : des chefs d’entreprise qui ont des salariés, au minimum une dizaine, et qui veulent développer leur entreprise tout en prenant soin de leurs équipes. Pas des artistes, pas le bien-être en général. Des entreprises avec des humains dedans.
Pourquoi elle n’arrivait pas à le voir seule ? Parce qu’elle était, comme elle dit, « autocentrée sur ce qu’elle avait envie de faire » plutôt que sur les personnes qu’elle accompagne réellement. C’est une erreur fréquente — et c’est précisément là qu’une session de coaching fait la différence : non pas en donnant des réponses, mais en posant les bonnes questions pour que la personne trouve ses propres réponses.
Poser ses limites avec soi-même : la préparation mentale en trois scénarios
À un moment de notre échange, Laori m’a dit qu’elle conseillait à ses clients de définir des indicateurs de performance pour leurs projets — mais qu’elle ne le faisait pas pour elle-même. C’est le moment où j’ai introduit ce que j’appelle la préparation mentale en négociation avec soi-même.
Dans ma pratique de coach, la question qui revient le plus souvent après une déception ou un blocage est : « je n’avais pas prévu que ça se passe comme ça. » Et c’est exactement le problème. La négociation — qu’elle soit avec un client, un partenaire ou soi-même — demande d’anticiper les scénarios avant que la réalité les impose.
Voici comment je propose de structurer cette préparation : avant d’envoyer un questionnaire de satisfaction, avant de lancer un programme en beta test, avant une conversation difficile — définissez trois scénarios.
Scénario vert : tout va bien. Qu’est-ce que je fais pour consolider et aller plus loin ? Quels indicateurs me confirment que ça marche ?
Scénario orange : c’est mitigé. Qu’est-ce que je change, ajuste, teste différemment ? Avec qui j’en parle pour avoir un autre regard ?
Scénario rouge : ça ne va pas. Comment est-ce que je prends soin de mon bien-être — pas uniquement de mon programme — avant de relancer ? Quelle est la pire situation réaliste, et comment j’y réponds sans m’effondrer ?
Laori m’a dit : « quand je suis en situation de crise, ça me paralyse. Le fait d’avoir géré la situation avant ce moment-là me permet de dire : j’ai fait un process pour ça, je l’applique. » C’est exactement ça, la préparation mentale. Et c’est 100% de votre responsabilité — personne d’autre ne peut le faire à votre place.
Compétences douces et prise de décision : ce que les soft skills changent vraiment
Ce qui m’a frappée dans cet échange avec Laori, c’est à quel point ses hésitations n’étaient pas des hésitations stratégiques — elles étaient émotionnelles. La peur de perdre son authenticité en travaillant avec des entreprises. La peur que le monde corporate l’oblige à jouer un rôle qu’elle ne reconnaîtrait plus comme le sien. Elle a été salariée longtemps, elle a dû se conformer, et elle en garde des cicatrices.
Ma question a été simple : « Si tu travailles avec des entreprises et que tu restes authentique — et qu’une seule personne sur dix, une seule salariée, se sent vraiment entendue — est-ce que tu regrettes d’avoir pris ce risque ? » Sa réponse a été immédiate : non. Parce que c’est en lien avec ses valeurs. Et c’est ça, poser ses limites : savoir ce qui est non-négociable pour soi, et ne pas le lâcher même quand la peur parle plus fort.
Pour développer cette clarté intérieure, il faut travailler ses compétences douces — en particulier la connaissance de soi et la gestion des émotions. Ce sont elles qui permettent de distinguer une peur fondée d’une croyance limitante, et d’agir depuis ses valeurs plutôt que depuis ses peurs.
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La préparation comme antidote à la paralysie
À la fin de notre session, Laori est repartie avec trois choses concrètes. Sa cible : les entreprises avec salariés. Sa méthode : le design thinking et la psychologie positive intégrés dans un programme en beta test, qu’elle construit directement avec ses premiers clients à un tarif accessible. Et sa boussole intérieure : feu vert, feu orange, feu rouge — des indicateurs personnels définis avant que les résultats arrivent.
Ce qu’elle m’a dit à la fin résume mieux que moi ce qu’est la négociation avec soi-même : « Tu m’as montré que je planifie beaucoup de choses pour mon client, mais que je ne planifie pas à l’avance mes propres réactions. » C’est ça. La préparation, c’est 100% de ta responsabilité. Ce qui vient ensuite — les résultats de l’autre, les imprévus, les retournements — ça, tu ne peux pas le contrôler. Mais toi, tu peux te préparer.
Et c’est vrai dans tous les domaines : apprendre à dire non sans culpabilité demande aussi une préparation — savoir ce qu’on refuse, pourquoi, et comment l’expliquer clairement. Ce n’est pas naturel au départ. Ça se travaille.
Questions fréquentes sur la négociation avec soi-même
Comment poser ses limites quand on ne sait pas encore ce qu’on veut vraiment ?
C’est souvent la question de départ — et c’est normal. Le premier pas n’est pas de trouver la réponse parfaite, c’est d’observer ce qui se passe en vous quand vous imaginez chaque option. Pas analytiquement — physiquement. Qu’est-ce que vous ressentez quand vous vous projetez dans ce choix ? Une légèreté ou une contraction ? La voix du corps est souvent plus rapide que celle de la raison pour identifier les non-négociables.
La préparation mentale ne risque-t-elle pas de rigidifier la prise de décision ?
Non — elle la libère. Quand vous avez anticipé les trois scénarios possibles, vous n’êtes plus paralysée par l’imprévu. Vous avez un plan. Ce plan peut évoluer, mais il vous donne un point d’appui pour agir plutôt que de subir. La rigidité vient de l’absence de préparation — quand tout ce qui arrive semble catastrophique parce qu’on n’y avait pas réfléchi.
Comment savoir si une hésitation vient d’une vraie valeur ou d’une peur ?
Demandez-vous : si ce risque se concrétisait et que ça ne marchait pas, mais que vous seriez restée authentique — est-ce que vous le regretteriez ? Si la réponse est non, la valeur est réelle. Si la réponse est « oui parce que ça m’a coûté quelque chose », demandez-vous ce que vous avez réellement peur de perdre. Le plus souvent, c’est l’image que vous avez de vous-même — pas une réalité concrète.
Négociez avec vous-même — et agissez depuis vos valeurs
Négocier avec soi-même, c’est apprendre à distinguer la peur légitime de la croyance limitante, à définir des indicateurs de réussite personnels, et à se préparer mentalement avant que la réalité impose ses propres conditions. C’est une compétence qui s’apprend — et qui transforme profondément la qualité des décisions qu’on prend, dans sa vie professionnelle comme personnelle.
Si vous voulez développer cette capacité à vous affirmer — à faire des choix depuis vos valeurs plutôt que depuis vos peurs, et à dire non à ce qui ne vous convient vraiment pas — rejoignez l’événement en ligne offert DIRE NON. Inscrivez-vous sur coursdenegociation.fr/direnon/.
