Portugal : se sentir à l’aise dans une autre culture

Se sentir à l’aise dans une culture qui n’est pas la sienne, ce n’est pas une question de chance. C’est une compétence douce qu’on apprend, qu’on muscle, qu’on perfectionne. Voyager au Portugal m’a rappelé à quel point cette compétence dépend d’une chose : la capacité à ralentir, à écouter, à accueillir un rythme différent du sien.

Je rentre tout juste d’un séjour au Portugal, et j’ai envie de partager ce que cette semaine m’a appris — pas seulement sur le pays, mais sur ma manière de communiquer, de négocier, et finalement de me sentir à l’aise dans des interactions humaines très différentes des miennes.

Au Portugal, chaque chose a son temps

On entend souvent que les Portugais sont discrets, presque effacés. J’avais entendu ce cliché plusieurs fois avant de partir, et j’avais envie de vérifier par moi-même. Mon expérience est très différente. Les Portugais ne sont pas effacés. Ils sont posés. Ils prennent le temps. Ils donnent de l’importance à la relation avant les transactions.

Si tu vas au restaurant au Portugal, prépare-toi à passer minimum une heure trente à table — et c’est pendant la pause déjeuner. Si tu n’as pas ce temps, le restaurant n’est pas pour toi. Ce n’est pas un manque d’efficacité. C’est une autre valeur. La famille, les amis, les conversations longues autour d’une table : c’est l’or de la culture portugaise. On ne sacrifie pas ces moments sur l’autel de l’urgence.

Le premier soir, j’ai pris l’apéritif pendant 45 minutes avant que quelqu’un ne vienne prendre la commande pour la suite. J’ai eu un instant de surprise — pour ne pas dire d’impatience. Mais cette surprise n’était pas une critique du Portugal. C’était un signal sur moi. J’étais entrée dans la situation avec mon rythme à moi, un rythme bien plus pressé que celui de l’endroit où je me trouvais.

Quand le rythme de l’autre te dit quelque chose sur toi

Si tu as l’impression qu’un Portugais ne se livre pas, regarde vers toi avant d’aller chercher l’explication chez lui. Est-ce que tu n’es pas, toi, dans la posture d’une personne pressée, qui veut avancer vite, qui impose un cadre, qui coche des cases ? Moi je lève la main : je suis un 🔥 profil Rouge. Quand je suis au restaurant, c’est que j’ai faim, maintenant. Quand je commence une conversation, c’est que j’ai un sujet à traiter, là, tout de suite.

Cette manière de fonctionner a ses qualités : structure, énergie, efficacité. Mais elle a aussi ses limites. Elle ne permet pas toujours de se sentir à l’aise dans des cultures qui valorisent la lenteur et la connexion. Le Portugal m’a renvoyée à cette frontière — pas pour me la reprocher, mais pour m’inviter à élargir mon répertoire intérieur.

Le Portugal, une culture 🌿 verte par excellence

Dans mon langage des profils de négociateur, le Portugal m’évoque clairement le 🌿 vert. Un profil orienté relation, posé, qui accueille les autres avec patience, qui ne court pas après un agenda. C’est cohérent avec la chaleur du sud, où la sieste s’impose au cœur de la journée, où les rues s’animent une fois le soleil couché, où la vie a son tempo propre.

J’ai eu une autre surprise pendant ce séjour : des décorations de Noël encore en place bien après les fêtes. Des arbres décorés, des Pères Noël dans les vitrines, des cloches accrochées un peu partout. Cela m’a rappelé que le temps, là-bas, ne se mesure pas comme chez nous. Il y a une forme de bienveillante procrastination, qu’on pourrait moquer si on ne comprenait pas qu’elle reflète un autre rapport au monde.

Cette lenteur n’est pas un défaut. C’est un espace. Un espace pour écouter, pour observer, pour laisser monter ce qui veut émerger. Quand tu négocies avec une personne qui fonctionne ainsi, tenter de la presser ne fera que la fermer. Apprendre à respirer à son rythme, en revanche, ouvre des conversations beaucoup plus riches.

Adapter son rythme : un acte de communication assertive

On confond souvent assertivité et fermeté. L’assertivité est plus large que ça. C’est la capacité d’être pleinement présente à soi tout en restant ouverte à l’autre. C’est savoir dire ce qui compte pour toi sans écraser la place de l’autre. Et parfois, l’assertivité passe par un acte que les pressé(e)s oublient : ralentir.

Quand je suis au Portugal et que je tente de manger en quinze minutes, je ne respecte ni le pays, ni mon interlocuteur, ni moi-même. Je m’inflige une frustration qui n’a pas lieu d’être. Au contraire, accepter le rythme proposé, c’est une forme d’écoute. C’est dire « je suis ici, dans cette culture, et je consens à me laisser porter par sa logique ». Cela ne veut pas dire renoncer à mes objectifs. Cela veut dire choisir consciemment de ne pas les imposer dans un contexte qui ne s’y prête pas.

Cette compétence est précieuse au quotidien, bien au-delà des vacances. Dans une équipe interculturelle, dans une négociation avec un client patient, dans un dialogue avec une personne qui prend son temps pour formuler sa pensée. Si tu sais identifier le rythme dans lequel tu fonctionnes — et le rythme dans lequel l’autre fonctionne — tu peux choisir d’ajuster le tien pour ouvrir la conversation.

Trois habitudes pour se sentir à l’aise dans une culture lente

1. Donner une marge de temps généreuse

Si tu prévois une heure pour un repas, prévois-en deux. Si tu prévois trente minutes pour une conversation, prévois-en soixante. La sensation d’urgence est ta pire ennemie quand tu communiques dans un rythme lent. Plus tu te donnes de marge, plus tu te sens à l’aise. Et plus tu te sens à l’aise, plus tu es disponible pour ce qui se joue dans l’échange.

2. Observer avant d’agir

Quand tu entres dans une culture différente, prends quelques minutes pour observer. Comment les gens se saluent ? Comment ils s’adressent au serveur ? Combien de temps une commande prend-elle ? Cette observation initiale t’évite des erreurs d’attente. Elle te permet aussi d’identifier les codes implicites du lieu, et donc d’y entrer avec respect.

3. Accueillir ses propres résistances

Si tu sens une bouffée d’impatience monter, ne la combats pas. Reconnais-la. C’est une information sur ton fonctionnement, pas un défaut à corriger en urgence. Plus tu sauras nommer ces résistances, plus tu pourras les traverser sans qu’elles dictent ta manière d’être. Ce sont elles, souvent, qui empêchent de se sentir à l’aise. Identifier ton profil dominant peut beaucoup t’aider à comprendre d’où viennent ces résistances : Je me lance pour découvrir ton profil de négociatrice.

Communiquer mieux, c’est s’adapter sans se trahir

S’adapter, ce n’est pas se trahir. Beaucoup de personnes confondent les deux. Elles refusent l’idée d’adaptation parce qu’elles l’associent à « jouer un rôle » ou « renoncer à qui on est ». Or l’adaptation assertive est tout l’inverse. Elle consiste à choisir quelle facette de soi on met en avant selon le contexte, sans renoncer au fond.

Au Portugal, je reste moi. Je reste 🔥 rouge, je reste structurée, je reste claire dans mes objectifs. Mais je choisis de ralentir le débit, d’allonger le temps des repas, d’écouter plus longuement. C’est un cadeau que je fais à mes interlocuteurs — et un cadeau que je me fais à moi-même. Parce que ce ralentissement m’oxygène, m’ouvre, me détend. Il me permet de me sentir à l’aise là où, sans ajustement, j’aurais simplement été tendue.

L’écoute active, la suite logique de ce voyage

Si tu as envie d’approfondir cette compétence d’adaptation, l’étape suivante naturelle est l’écoute active. Cette compétence, formalisée par Carl Rogers, consiste à laisser réellement de la place à la parole de l’autre, à reformuler pour clarifier, à entendre ce qui se dit derrière les mots. Elle se marie parfaitement avec la lenteur portugaise. Plus le rythme est lent, plus l’écoute peut devenir profonde.

L’écoute active est aussi un pilier de la communication assertive. Tu ne peux pas répondre justement à quelqu’un dont tu n’as pas vraiment entendu la demande. Tu ne peux pas poser une limite pertinente si tu n’as pas saisi ce que l’autre voulait obtenir de toi. Et tu ne peux pas négocier finement si tu te précipites sur ta propre proposition sans donner d’air à la sienne.

Et le retour à soi : ce que tu acceptes, ce que tu refuses

Ralentir ne signifie pas tout accepter. Au contraire. Quand tu prends le temps, tu vois plus clairement ce qui te convient et ce qui ne te convient pas. Et c’est précisément à ce moment-là que la compétence du non devient indispensable. Sans elle, ralentir te conduit à subir des situations qui ne te ressemblent pas. Avec elle, ralentir te permet de choisir.

Voilà pourquoi la communication assertive associe deux mouvements en apparence opposés : ouverture et fermeté. Ouverture pour accueillir l’autre, son rythme, sa culture, sa différence. Fermeté pour rester alignée avec tes propres besoins, tes propres limites, tes propres priorités. Ce sont les deux mains d’une même posture. L’une sans l’autre, ça vacille.

Apprendre à dire non au travail, en restant soi

Si tu veux travailler concrètement ta capacité à dire non au travail, à poser tes limites sans craindre le conflit, je t’invite à rejoindre l’événement en ligne offert DIRE NON. C’est conçu pour les femmes qui veulent oser refuser ce qui ne leur convient pas, dans le respect de leur rythme et de leur identité. C’est un espace pour avancer, à ton tempo, vers une communication affirmée que tu portes naturellement, où que tu sois dans le monde.

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