Communication interculturelle au Portugal
Est-ce que tu as déjà entendu dire que les Portugais sont discrets, polis, effacés ? Moi, j’en ai entendu parler. Et justement, je voulais me convaincre que non, ce n’est pas vraiment possible. Alors j’ai organisé un voyage de vacances au Portugal pour vérifier par moi-même.
Je viens tout juste de rentrer, sous le soleil des vacances, et je veux partager avec toi ce que j’en pense : comment j’ai vécu ce séjour, pourquoi je suis convaincue qu’il faut y aller, et pourquoi il faut peut-être faire attention avant de partir. Parce qu’au-delà du voyage, ce séjour a été une véritable leçon de communication interculturelle et d’astuces de négociation applicables au quotidien.
Décrire un interlocuteur d’une autre culture
Comment décrit-on les profils de négociateurs, ces interlocuteurs qui viennent d’une autre culture — ici, la culture portugaise ? Et nous, on arrive en tant que touristes, débarqués un peu de nulle part, sans préparation.
C’est précisément le cœur de mon travail. Je facilite les cours de négociation, et sur ma chaîne YouTube comme dans mes podcasts, je donne des astuces simples à mettre en place pour devenir la meilleure version de soi-même. Améliorer ses compétences en communication, ce n’est pas réservé à la salle de réunion : cela se joue aussi au marché, au restaurant, dans la façon dont on aborde l’autre.
Et un voyage, quand on prend le temps de l’observer, devient un terrain d’apprentissage formidable pour qui veut affiner son assertivité.
Le vent inattendu : quand on n’est pas préparé
Ce qui m’a le plus surprise au Portugal, ce n’était pas le soleil. C’était le vent.
On n’était pas préparées à cette force du vent, parce qu’on s’était préparées à la chaleur. Pourtant, je m’étais bien couverte, parce que je ne bronze pas — je deviens plutôt rouge. Pour moi, le soleil, ce n’est pas un problème. Mais le vent, c’est autre chose.
Une métaphore qui parle aux profils
Le vent, ce n’est vraiment pas l’endroit où les profils bleus 🌀 se sentent le mieux — eux qui sont un mélange de l’espace et de l’air. C’était surprenant de constater qu’au soleil, il puisse faire froid dès que le vent de l’océan se lève.
Nous étions tout en bas, au sud, à Faro. Une ville pleine de touristes, préparée à accueillir tous les visiteurs. On y a passé une super semaine. Mais cette première surprise — le décalage entre ce qu’on imaginait et ce qu’on a trouvé — illustre déjà une chose essentielle en communication interculturelle : on arrive avec nos attentes, et la réalité de l’autre nous oblige à nous ajuster.
La vie locale, au rythme des trains et des marchés
Pour nous déplacer, on a souvent pris des trains locaux. Quarante minutes de trajet pour visiter les villages alentour, avec les gens qui partaient au travail le matin. L’ambiance était très sympa.
Sur les marchés locaux, les vendeurs sont souvent des personnes très âgées, qu’on pourrait définir comme des retraités. J’étais franchement surprise de voir des gens travailler encore à cet âge.
Et c’est là que le fameux cliché refait surface : on dit des Portugais qu’ils peuvent être un peu effacés, qu’ils ne veulent pas nécessairement tout livrer. Moi, je trouve que c’est un cliché. Et pour le comprendre, il faut s’intéresser à ce qui compte vraiment pour eux.
La famille d’abord : comprendre la valeur centrale
Pourquoi ce cliché ne tient pas ? Parce qu’il faut comprendre quelle est la première valeur, la valeur principale, pour un Portugais. Il s’agit de la famille.
Pour eux, la gestion de la famille, les relations cordiales, le temps passé avec les amis, la connexion avec quelqu’un d’autre : c’est ce qui compte le plus. On a d’ailleurs ce cliché en France de la famille portugaise et de ses déjeuners du dimanche interminables, où l’on reste à table à discuter.
Et cela vaut vraiment de l’or. De l’or. Les gens qui sont à table au Portugal ont du temps. Ce n’est pas un défaut, ce n’est pas de l’effacement : c’est une hiérarchie de valeurs différente de la nôtre. Saisir cette nuance, c’est déjà faire de la communication interculturelle — et c’est le point de départ de toute négociation réussie avec un interlocuteur d’une autre culture.
Ralentir pour connecter : la leçon du restaurant
Voici une astuce très concrète. Si tu vas au restaurant au Portugal, il faut prévoir au minimum une heure trente. Et ça, c’est pendant la pause déjeuner.
Donc, si tu n’as pas une pause déjeuner d’une heure trente, tu ne peux tout simplement pas aller au restaurant — sauf peut-être dans une cantine, où ils sont habitués à servir rapidement. Au Portugal, chaque chose a son temps. Et le plus important, c’est de passer un bon moment ensemble.
Et si le problème, c’était nous ?
Alors, si tu as l’impression que le Portugais ne se livre pas, regarde plutôt vers toi-même. Est-ce que tu ne serais pas plutôt un profil rouge 🔥, avec une checklist de choses à demander, qui impose les cadres, les contraintes de temps, et qui veut avancer à tout prix sans vraiment soigner la connexion humaine ?
Moi, je suis la première à lever la main. Je suis un profil rouge, et quand je suis au restaurant, cela veut dire que j’ai déjà faim. Mais au Portugal, il faut ralentir.
Cette prise de conscience est au cœur de l’assertivité bien comprise : il ne s’agit pas d’imposer son rythme à l’autre, mais de reconnaître son propre fonctionnement pour mieux s’adapter à celui d’en face. C’est exactement ce que j’enseigne dans mes formations en négociation.
Le rythme portugais : prendre son temps, vraiment
Tu vas au restaurant et tu prends ton temps. Tu prends un apéro — un verre — pendant quarante-cinq minutes, et peut-être que quelqu’un viendra ensuite prendre la commande pour la suite.
J’étais un peu surprise au début, parce que je n’avais rien mangé : j’avais uniquement bu, et ce n’était pas prévu comme ça. C’était la première soirée de mes vacances. Ça s’est bien fini — on était à deux, donc je n’étais pas toute seule à table.
Autre surprise personnelle : on était au milieu de l’hiver, et les décorations de décembre, les fêtes de fin d’année, étaient encore bien vivantes. Les arbres de Noël, les cloches, les Pères Noël qui débordaient des vitrines ou trônaient à côté d’une caisse de boutique. C’était assez rigolo de voir comment le temps prend un autre rythme au Portugal.
On revient toujours à cet espace : ralentir, accepter une forme de procrastination assumée. C’est quelque chose pour lequel on prend son temps, sans se presser, en reportant d’un jour à l’autre.
Le profil Kapha en pratique : lire l’autre pour mieux négocier
Dans le langage de négociation que j’enseigne, je dirais que cette approche des Portugais correspond plutôt au profil Kapha — le profil vert 🌿 selon l’Ayurveda.
Qui est le profil vert ?
Ce profil, en général, c’est quelqu’un qui est dans le ralentissement, plutôt posé, qui a parfois du mal à démarrer, à se mettre en rythme. Et j’imagine que c’est très normal : les gens du sud se sont habitués à la chaleur. Ils font, par exemple, la sieste l’après-midi.
Pour eux, c’est une nécessité. Il fait tellement chaud, il n’y a pas d’air quand il n’y a pas de vent — on ne peut même pas respirer avec la chaleur en ville. Alors on se cache, on prend une heure de pause à midi, puis on ressort le soir dans les rues. C’est pour cela que les fêtes et la vie continuent une fois le soleil couché.
Un port, un melting-pot, une écoute
Faro, c’est cette ambiance de ville portuaire avec une approche multiculturelle, accueillant des gens de nationalités diverses et variées. Beaucoup de retraités y achètent désormais une résidence secondaire, ou même y déménagent simplement pour cette partie de leur vie.
Tout cela donne une atmosphère de mélange, avec beaucoup de respect et beaucoup d’écoute. Reconnaître ce profil chez son interlocuteur — son rythme, ses besoins, sa manière d’entrer en relation — c’est se donner les moyens d’une vraie collaboration, plutôt que d’un rapport de force stérile.
Ce que ce voyage change dans ta façon de communiquer
Si tu réfléchis à comment t’adapter au Portugal — ou plus largement à tout interlocuteur dont le rythme n’est pas le tien — la clé tient en un mot : l’écoute.
Ralentir, observer la valeur centrale de l’autre, ajuster son propre profil plutôt que d’imposer le sien : voilà des compétences douces qui dépassent largement le cadre des vacances. Elles te servent au travail, en équipe, dans chaque situation où il faut poser ses limites tout en préservant le lien. Car savoir dire non, savoir prendre son temps, savoir écouter, ce sont les fondations d’une communication assertive et non manipulatoire.
Le prochain pas, c’est l’écoute active — cette compétence douce théorisée par le psychologue américain Carl Rogers, qui mérite à elle seule qu’on s’y attarde.
Passe à l’action : ose dire non sans friction
Si tu veux apprendre une autre compétence douce que j’enseigne, j’ai un défi pour toi, particulièrement pensé pour les femmes salariées : comment dire non sans craindre la friction au travail ?
C’est une porte d’entrée idéale vers l’assertivité, et vers une manière de communiquer plus juste, plus posée, plus alignée avec qui tu es. Je t’invite à rejoindre le cours Dire Non, pour transformer ces prises de conscience en astuces de négociation concrètes.
