Méthode OBLIQUE : se sentir à l’aise en négociation d’équipe
Quand on parle de négociation, on a tendance à penser à une face-à-face : moi, en face de l’autre, à table. Mais dans la vraie vie professionnelle, c’est rarement aussi simple. Tu es souvent représentée par une équipe : un négociateur principal, un négociateur secondaire, une source d’informations, un manager qui t’envoie au front, des stakeholders qui t’observent. Et c’est exactement là que se sentir à l’aise devient l’enjeu numéro un — bien avant la technique de négociation.
Pour s’aligner à plusieurs et arriver soudée à la table, il existe une méthode très simple, tirée du livre Les Cinq leviers de la confiance de Laurent Combalbert et Marwan Mery : la méthode OBLIQUE. Cinq lettres, cinq étapes, et toute ton équipe se sent à l’aise parce qu’elle sait précisément ce que chacun veut, peut et craint.
Cet article te montre comment activer cette méthode pour ne plus arriver en négociation avec ce petit doute au ventre — celui qui te fait perdre du terrain dès la première phrase. Tu vas voir, c’est concret, facile à retenir, et utilisable sur tes prochains rendez-vous, qu’ils soient face à un client, un patron, un fournisseur, ou même une partie adverse plus expérimentée.
Pourquoi la confiance change tout en négociation
La confiance, c’est deux choses à la fois : comment je me ressens à l’intérieur, et ce que je dégage à l’extérieur. C’est l’énergie qu’on capte sans nous voir, le charisme qu’on transporte avec nous quand on entre dans la pièce, la façon dont on porte nos mots.
En négociation, on parle souvent de ce qu’on va dire, comment on va le dire, quelles tactiques on va mettre en place, comment on va pousser ou exiger. Tout ça est utile. Mais ça ne suffit pas. L’élément sous-jacent, l’élément qu’on ne voit pas mais qu’on sent partout, c’est notre propre performance émotionnelle : comment je m’exprime, comment je tiens ma posture, quel impact je produis pour que mes messages soient entendus et validés.
Et c’est là que beaucoup d’équipes se trompent. Elles préparent la stratégie. Elles oublient de préparer l’alignement intérieur. Résultat : à la table, les négociateurs ne sont pas dans le même film, et l’autre partie le sent immédiatement. OBLIQUE corrige cela. Cette méthode te permet, et permet à ton équipe, de se sentir à l’aise avant même que la première poignée de main soit donnée.
La méthode OBLIQUE : 5 leviers pour se sentir à l’aise à plusieurs
OBLIQUE est un acronyme qui sert spécifiquement à la négociation en équipe. Pourquoi en équipe ? Parce que dès qu’il y a plus d’une personne de ton côté de la table — toi, ton manager, un collègue, un consultant, un stakeholder qui t’a mandatée — vous n’avez plus la même information, ni les mêmes peurs, ni les mêmes priorités. Sans cadre commun, vous arrivez fragmentés. Avec OBLIQUE, vous arrivez alignés.
O comme Objectif : chacun pose le sien
Chaque personne de l’équipe dit, à voix haute, quel est son propre objectif dans cette négociation. Et tu vas vite voir que selon le rôle de chacun, les objectifs varient. Le patron qui engage son argent veut payer le moins cher possible. Le négociateur principal a entendu ce besoin, mais il sait qu’il y a des délais qu’il ne pourra pas faire céder à l’infini. Un négociateur secondaire peut vouloir finir avant la semaine prochaine, parce qu’au-delà, la partie adverse part à l’étranger.
Mettre ces objectifs sur la table, c’est déjà soigner la moitié des malentendus internes. Personne n’a besoin de deviner. Tout le monde sait ce que chacun défend. Tout le monde se sent à l’aise pour parler en cohérence avec ce cadre partagé.
B comme Besoins : interne et externe
Chaque partie a besoin de quelque chose. Le négociateur a besoin d’être efficace aujourd’hui. Le patron a besoin que ce soit terminé. Le deuxième négociateur, plus junior, a besoin du support du principal pour se sentir à l’aise face à un interlocuteur plus expérimenté.
OBLIQUE invite à expliciter les besoins internes — ceux qui sont propres à chaque personne. Quelqu’un a besoin d’un support écrit ? D’une note à lire en amont ? D’un brief audio de cinq minutes ? Tout ça doit sortir maintenant, pas pendant la négociation. C’est exactement ce qui transforme une équipe stressée en équipe sereine.
L comme Limites : les fragilités assumées
Les limites, ce sont les contraintes internes — les points faibles de chacun. Quelqu’un ne parle pas très bien français ? Quelqu’un fait des fautes quand il écrit vite ? Quelqu’un perd ses moyens quand on hausse le ton ? Tout ça doit être dit avant. Pas pour humilier, pour protéger.
Pourquoi c’est précieux ? Parce que si je sais qu’un membre de l’équipe ne sera pas à l’aise pour rédiger un contre-amendement à la main en pleine séance, je ne lui demanderai pas de le faire. Je préparerai cette tâche pour quelqu’un d’autre. Reconnaître ses limites, ce n’est pas se diminuer : c’est rendre l’équipe plus robuste. Et c’est aussi, individuellement, une façon de se sentir à l’aise en arrivant à la table — sans cette peur sourde qu’on te demande, devant tout le monde, quelque chose que tu sais que tu ne sauras pas faire.
I comme Impact : envisager les conséquences
La lettre I t’invite à cartographier les conséquences possibles de chaque issue : à court, moyen et long terme. Ce sont les scénarios qu’il faut produire avant la négociation, pas pendant. Et l’avantage du collectif est entier ici : à plusieurs, on peut brainstormer un éventail plus large que ce qu’on pourrait imaginer seul.
Pas seulement trois options à court terme. Pas seulement trois options à moyen terme. Un vrai champ de vision. Quand tu arrives à la table en ayant pré-mâché les conséquences, tu n’es plus en réaction. Tu reconnais une option qui se profile, tu la sors d’un tiroir mental que tu as déjà préparé, et tu réponds posément. C’est exactement la mécanique qui fait que tu te sens à l’aise même quand l’autre partie tente de t’enfermer.
QUE comme Contraintes : ce qui vient de l’extérieur
Les contraintes sont les éléments externes susceptibles de nuire à la négociation. Le contexte connu par le patron n’est pas le même que celui connu par un négociateur arrivé dans l’entreprise il y a six mois. Cette asymétrie est une contrainte. Le délai imposé par le calendrier est une contrainte. La limite de ressources — « on ne paiera pas plus d’un million de pénalité » — est une contrainte. La présence ou l’absence d’un interlocuteur à une date donnée est une contrainte.
Mettre toutes ces contraintes sur la table en amont, c’est s’épargner les mauvaises surprises pendant la séance. Et c’est aussi se donner les moyens de hiérarchiser : qu’est-ce qui est négociable ? qu’est-ce qui ne l’est pas ? Le négociateur qui sait répondre à ces questions instantanément se sent à l’aise — parce qu’il n’a plus à improviser au moment où ça compte.
Trois profils, trois rapports à la méthode OBLIQUE
Comme dans toute approche de négociation, ton profil dominant joue sur la façon dont tu vas accueillir OBLIQUE. La connaître te permet de doser ce que tu offres à ton équipe et ce que tu en reçois.
Le profil 🔥 Rouge va trouver OBLIQUE un peu lent. Il aimerait passer directement à l’action. Son travail : accepter que les cinq étapes ne sont pas de la perte de temps, mais l’assurance de tenir l’objectif sans s’éparpiller. Une fois ce cap intégré, le Rouge devient une véritable locomotive d’équipe.
Le profil 🌀 Bleu, lui, adorera OBLIQUE — c’est exactement son langage. Structuré, séquentiel, exhaustif. Son piège : passer tellement de temps sur la méthode qu’il ne reste plus rien pour la simuler. Son travail : limiter chaque étape dans le temps, et passer rapidement à la mise en situation.
Le profil 🌿 Vert, enfin, sera à l’aise dans la phase collective — il aime que toute l’équipe parle. Son piège : trop chercher le consensus, au point de gommer les vraies divergences d’objectifs. Son travail : oser nommer une tension quand elle apparaît, pour que l’équipe l’évacue avant la négociation et pas pendant.
Tu veux savoir quel profil pilote ta façon d’arriver en négociation — et donc quel ajustement te ferait gagner le plus en confiance ? Le test maison te le dit en quelques questions. Je me lance.
De l’alignement intérieur à la table : ce qui change vraiment
Une fois OBLIQUE digérée par ton équipe, voilà ce que tu vas remarquer. Personne ne se contredit en plein milieu d’une phrase. Personne ne fait dévier la conversation parce qu’il avait un objectif différent dans la tête. Personne ne disparaît parce que la pression monte. Vous formez une unité — visible, lisible, calme.
Et toi, dans cette équipe, tu te sens à l’aise. Tu sais ce que tu défends. Tu sais ce que les autres défendent. Tu sais ce que tu peux faire, et tu sais ce que tes collègues vont prendre en charge. Tu n’es plus dans le brouillard. Tu es dans une chorégraphie répétée.
Et cette aisance se voit. La partie adverse la perçoit. Elle comprend qu’elle a en face d’elle un bloc soudé, capable d’absorber les coups bas, capable de répondre vite, capable d’arrêter une concession au bon moment. C’est précisément ce qui fait la différence entre une négociation gagnée et une négociation perdue : pas une tactique miraculeuse, mais une équipe alignée.
Faire vivre OBLIQUE bien au-delà du livre
OBLIQUE n’est pas une recette à appliquer une fois. C’est un réflexe à installer. À chaque nouveau dossier, repose les cinq questions. À chaque nouvelle équipe, refais le tour. C’est en répétant ce passage que tu finis par les intégrer sans même y penser — et que tu arrives en négociation avec ce calme tranquille qui caractérise les pros qui se sentent à l’aise dans n’importe quelle configuration.
Si tu veux installer ce réflexe pour de bon et l’incarner dans tes vraies conversations professionnelles, je t’invite à un rendez-vous en ligne entièrement offert pensé pour les femmes qui veulent enfin se sentir à l’aise quand l’enjeu monte — au travail, dans la vie, dans les relations qui comptent. Rejoins l’événement DIRE NON. Tu y trouveras tout ce qu’il faut pour transformer la préparation en présence, et la présence en résultat.
