Confiance en soi : les erreurs qui la fragilisent et comment la reconstruire
La confiance en soi n’est pas un interrupteur. On ne la met pas en position « on » une fois pour toutes. C’est une jauge — variable, sensible au contexte, qui se construit tout au long de la vie et peut se déconstruire aussi vite. Dans cet épisode de la chaîne Cours de négociation, j’ai reçu Laure Dubosque, coach et formatrice auprès des entreprises, fondatrice de « Révèle tes talents ». Elle accompagne dirigeants, managers et équipes sur leur posture managériale et leur sens au travail. L’essentiel en bref : la confiance en soi se définit comme la croyance en ses capacités à agir, elle se construit sur la connaissance de soi, l’expérience et le discours intérieur, et les erreurs les plus courantes sont la comparaison permanente, la remise en question constante et le fait de vouloir atteindre trop haut d’un seul coup.
Ce que signifie vraiment « avoir confiance en soi »
Laure Dubosque commence par ce qui lui semble essentiel : mettre les mots dans leur contexte. « La confiance en soi, c’est vraiment de croire en ses capacités à agir. La confiance est orientée sur l’action. C’est croire que j’ai la capacité à agir, c’est croire aussi en ma légitimité, c’est savoir qu’à l’intérieur de moi j’ai toutes les ressources nécessaires pour gérer une situation, pour apprendre, pour faire face, pour rebondir. »
Et ce n’est pas la même chose que l’estime de soi. L’estime renvoie à l’opinion qu’on a de soi-même — l’estimation de sa valeur. La confiance, elle, est tournée vers l’action : « Je me sens capable de… »
Cette distinction est importante. On peut avoir une estime de soi fragilisée et retrouver de la confiance par l’action. On peut aussi avoir une haute estime de soi et manquer de confiance dans une situation spécifique. Ce sont deux jauges différentes.
La confiance, une jauge qui varie — pas un état fixe
Laure utilise l’image de la jauge avec curseur — rouge, orange, jaune, vert. Ce n’est pas noir ou blanc, ce n’est pas on/off. « Il va y avoir des sujets où je vais avoir confiance. Il va y avoir des situations où je vais avoir confiance. Il va y avoir aussi des fois des interlocuteurs en face desquels je vais avoir confiance. C’est vraiment variable. »
Et si on ne la nourrit pas, la jauge ne s’alimente pas toute seule. C’est la responsabilité de chacun de l’entretenir — en fonction de ses propres objectifs, pas de ceux des autres.
Je reconnais cette image dans mon propre parcours. Quand j’étais plus jeune, je ruminais très souvent les histoires de la veille : « J’aurais dû faire autrement, j’aurais pas dû dire ça. » Il y avait beaucoup d’incertitude en moi. En t’entendant, Laure, je comprends maintenant que cette incertitude jouait sur ma propre confiance. La réponse de Laure : « Tu as fait de ton mieux. À ce moment-là, dans cet instant, par rapport à ce contexte-là, tu as fait de ton mieux. »
Les 3 signaux qui indiquent que la jauge est dans le rouge
Comment savoir qu’on manque de confiance ? Laure Dubosque identifie trois signaux clairs :
Le doute constant. Je suis tout le temps en train de douter. Il y a toujours un point d’interrogation. Ce doute permanent, qui s’installe dans chaque décision, indique que la jauge est basse.
La comparaison permanente. Je me compare aux autres, même des gens que je ne connais pas. « Si je me compare tout le temps, c’est peut-être parce qu’il y a un manque de confiance dans ce que je crois et ce que je connais de moi. »
La remise en question perpétuelle. Le « et si… » en boucle. Se remettre en question est sain — c’est ce qui permet d’apprendre. Mais quand ça devient permanent, c’est un signal que la confiance a besoin d’être restaurée.
Et à l’autre extrême : peut-on avoir trop de confiance ? Oui. Laure a accompagné des managers qui se sentaient tellement en confiance qu’ils ne préparaient plus leurs prises de parole. « Je n’avais pas préparé parce que je me sentais tellement en confiance que je me suis dit : j’ai pas besoin de préparer ma prise de parole. Sauf que patatra, ça n’a pas été une belle réussite. » L’excès de confiance peut chahuter des situations — et chahuter aussi les autres avec qui on travaille. C’est là aussi que la sortie de la zone de confort demande un calibrage précis.
La plus grosse erreur quand on veut reconstruire sa confiance
Je lui ai posé la question directement : quelle est la plus grosse erreur qu’on peut faire si on veut avoir plus de confiance en soi ?
Sa réponse : vouloir s’inspirer de personnes qui ont une confiance très assurée et viser trop haut d’un seul coup. « Ce sujet de la confiance, ça se travaille avec ses propres objectifs. Quel niveau de confiance est acceptable pour moi et va faire que je me sens bien ? Vouloir s’inspirer de grands leaders sur internet, de personnes sur Instagram qui ont vraiment une vraie confiance, et viser trop haut d’un seul coup — pour moi c’est une erreur. »
Parce que ce ne sont pas ses propres objectifs. Et la marche risque d’être trop haute. La confiance se construit étape par étape, marche par marche. C’est exactement ce que j’enseigne dans mes cours sur les zones de confort : pas de danger direct, mais une zone d’apprentissage, avec des petits pas progressifs.
Il y a trois étapes dans ce chemin : la prise de conscience, la décision de travailler le sujet, et le passage à l’action. « La troisième étape est la plus importante. Si on s’arrête à la décision, ça ne suffit pas. »
5 clés concrètes pour reconstruire la confiance
Laure Dubosque propose des actions simples, applicables tout de suite :
1. Définir ses propres objectifs. S’écouter, se dire où on a envie d’aller, dans quel niveau de jauge on se sent bien. Pas les objectifs de quelqu’un d’autre.
2. Arrêter de se comparer. Se dire : je suis moi, j’ai ma propre identité, j’arrête de me comparer. Plus on s’accepte avec ses qualités et ses limites, plus on arrive à fédérer les autres. « Plus j’étais moi-même avec mon authenticité, plus j’arrivais à fédérer. »
3. Sortir doucement de sa zone de confort. Faire des actions qui challengent un peu, mais qui restent accessibles. Pas de grand saut — une marche à la fois.
4. Célébrer ses victoires. Même petites. « On est les seuls maîtres de nos réussites. Si je célèbre mes victoires, même si c’est une action qui me semble simple, on va quand même la célébrer. »
5. S’appuyer sur ses forces. Identifier ce qui, depuis toujours, a permis d’avancer malgré tout. Pas les qualités de façade — les forces internes. « Qu’est-ce qui a fait que dans ma vie j’ai réussi à avancer malgré tout ? » Et s’y appuyer pour alimenter la confiance.
Pour aller plus loin sur comment poser ses limites avec un client — ce qui est directement lié à la confiance en soi en contexte professionnel — j’ai dédié un article complet à cette situation. Et pour ceux qui veulent comprendre comment leur profil ayurvédique influence leur rapport à la confiance, les profils ayurvédiques et l’affirmation de soi est un complément naturel à cet article.
Si vous voulez commencer votre propre travail de confiance en contexte professionnel, je me lance vous donne les premières étapes.
Questions fréquentes sur la confiance en soi
La confiance en soi peut-elle se perdre même quand on avait l’air de l’avoir ?
Oui — et c’est normal. La confiance est une jauge variable, pas un état figé. Une période difficile, un échec important, un regard extérieur blessant peuvent faire baisser la jauge rapidement. Ce n’est pas un retour à zéro — c’est un signal que la confiance a besoin d’être renouvelée. L’important, selon Laure Dubosque, c’est de ne pas attendre que ça revienne tout seul : « Si on ne la nourrit pas, elle ne s’alimentera pas toute seule. »
Peut-on développer la confiance en soi à tout âge ?
Oui. La confiance se construit tout au long de la vie — et le chemin n’est jamais terminé. « La confiance, c’est un chemin qui se fait depuis notre plus jeune âge, et c’est un chemin qui n’est jamais terminé. » Les bases posées dans l’enfance comptent, mais elles ne fixent pas le plafond. Chaque expérience surmontée, chaque victoire célébrée, chaque connaissance de soi approfondie contribue à la faire grandir.
Quelle est la différence entre confiance en soi et affirmation de soi ?
La confiance en soi est une croyance intérieure : « Je me sens capable de. » L’affirmation de soi est la traduction de cette croyance dans la communication et les comportements extérieurs. Si tu travailles ton assertivité — ta capacité à exprimer tes besoins et tes limites clairement — tu nourris ta confiance. Les deux se renforcent mutuellement. C’est pourquoi la méthode P.O.V.E.R. de Maria Kulas intègre les deux dimensions.
Construire sa confiance, c’est un acte de responsabilité
La confiance en soi n’est ni un don ni un dû. C’est une responsabilité personnelle. Laure Dubosque le dit clairement : « On est seul maître de son parcours, de ses objectifs. » Si vous attendez que les autres vous la donnent, vous attendrez longtemps. Si vous décidez de la construire — étape par étape, marche par marche — le progrès commence maintenant.
Si vous voulez un cadre concret pour poser vos limites, vous affirmer et arrêter de ruminer, le programme suivant est fait pour ça.
