Ce que mon séjour aux États-Unis m’a appris sur la négociation
Sur la carte du monde, un pays m’a profondément marquée pendant mes années d’études : les États-Unis. J’y ai vécu quelques mois à l’âge de vingt ans, et cette expérience a façonné ma vision de la communication, de l’assertivité et des relations humaines. Dans cet article, je partage ma perception subjective de cette aventure, les défis que j’ai rencontrés, et surtout comment ce séjour a influencé l’approche que je transmets aujourd’hui dans mes cours de négociation.
Un départ pour les États-Unis en 2004 : une aventure dans un monde analogique
J’avais vingt ans, c’était en 2004, et le monde était très différent de celui d’aujourd’hui. Nous n’étions pas encore dans le monde digital. Les caméras étaient analogiques, avec des films Kodak et Fuji à l’intérieur. Les chèques papier étaient encore très communs. Les voyages se faisaient en bus, en car, sur les routes nationales.
Pourquoi j’ai choisi les États-Unis
Je suis partie aux États-Unis parce que j’y avais une famille lointaine qui pouvait m’accueillir. Ils m’ont envoyé une invitation et j’ai obtenu un visa touristique de trois mois. Mon objectif était simple : faire l’expérience du travail à l’étranger. Je parlais bien anglais et je voulais à nouveau être fille au pair.
La difficulté de trouver un emploi pour seulement trois mois
Ce qui n’était pas évident, c’était de trouver un job uniquement pour trois mois. Les familles cherchaient quelqu’un sur le long terme, minimum un an. Je ne voulais pas rester un an loin de ma famille car j’étais encore jeune et au milieu de mes études. Je voulais profiter uniquement de la pause d’été pour économiser un peu d’argent et avoir de l’argent de poche pendant mes études.
Trouver un job d’été était une vraie difficulté. Il y avait encore des journaux papier, peu d’annonces en ligne, et Internet fonctionnait avec un modem qui faisait bip, bip, bip pour se connecter par téléphone. La ligne téléphonique était même coupée pendant la connexion. C’était vraiment un autre monde.
Premières impressions : le danger et la sécurité aux États-Unis
Ce qui m’a marquée en arrivant à Chicago, dans la banlieue entre Evanston et la ville, c’est la notion de danger très présente dans le quotidien.
Une ville où l’on ne marche pas
Les gens ne marchent pas seuls dans la rue. On ne se déplace pas à pied. Ce n’est pas uniquement à cause de la chaleur insupportable de l’été et de l’humidité élevée, c’est simplement dangereux. Il est plus simple d’avoir sa propre voiture fermée, et on n’ouvre pas la portière au feu rouge. Le mieux, c’est même de ne pas s’arrêter au feu, mais de continuer.
Les autoroutes et leurs dangers
Les autoroutes américaines m’ont aussi marquée. Les gros camions avec seize grosses roues roulent à des vitesses incroyables, et l’on se retrouve dans une petite voiture personnelle très basse. À cette époque, ce n’était pas encore la mode des SUV. Les Honda ou Hyundai étaient plus proches du sol. C’était vraiment effrayant.
Un mode de vie matérialiste qui m’a surprise
L’autre chose qui m’a marquée, c’est le style de vie très matérialiste.
La consommation comme mode de vie
Les gens parlent d’argent. Ils passent leur temps dans les centres commerciaux. Ils dépensent beaucoup pour acheter, pour consommer, et pas nécessairement pour profiter de ce qu’ils achètent. Avec une carte de fidélité, ils peuvent rendre leurs achats jusqu’à douze mois plus tard. Cela crée un système où l’on accumule un stock chez soi, on consomme sans vraiment consommer, on achète hors mesure.
Le besoin de se montrer
Cette logique de l’apparence était particulièrement visible lors des grandes occasions. J’ai commencé à travailler le 4 juillet, jour de fête nationale. On allait au bord du lac Michigan pour regarder le feu d’artifice, et il y avait cet élan permanent de se montrer.
Mon expérience de travail décevante comme fille au pair
La famille chez qui je travaillais était très riche. Le père était un hindou très connu, professeur à l’université et auteur de livres. La mère était américaine et ne travaillait pas, car c’est son mari qui soutenait financièrement la famille. Ils avaient trois enfants.
Un contexte familial complexe
Le fils aîné avait été malade à huit ans. Il avait eu un cancer, et lorsque je suis arrivée, il avait dix ans, soit deux ans après sa maladie. Il restait fragile, un peu sur la cloche. Entre la compassion que je ressentais pour cette famille et les exigences très élevées concernant le service à la maison, ma place était difficile à trouver.
Du ménage à la place de l’accompagnement des enfants
Finalement, au lieu de m’occuper des enfants, je faisais surtout le ménage d’une grande villa de quatre étages. C’était un manque de reconnaissance évident. Je recevais des ordres directement de cette femme américaine, des attentes envoyées comme par une arme mécanique. Une liste de choses à faire, sans aucun recul.
Personne ne se demandait si je m’étais blessée au jardin, si ce n’était pas trop lourd pour moi de porter deux seaux d’eau pour arroser, ou si je pouvais utiliser dans la cave cette grosse machine pour cirer le sol en PVC, celle qu’on voit parfois dans les films. Personne ne demandait s’il fallait que je protège mes oreilles du bruit.
Le jour où j’ai été virée : un véritable soulagement
Ce qui peut paraître surprenant, c’est que lorsque j’ai été virée, j’étais soulagée.
Le contexte du licenciement
Ma patronne était partie une semaine à New York avec les enfants. J’ai moi aussi décidé de prendre un week-end à New York. Sauf qu’elle, elle avait pris l’avion. Moi, j’ai pris le car, car c’était moins cher. J’ai voyagé toute la nuit pour arriver à New York pour deux jours, puis je suis rentrée en voyageant à nouveau toute la nuit.
Pour partir, j’étais obligée de quitter la maison à quinze heures le vendredi et non à dix-sept heures. Elle a appelé la maison pendant ces deux heures, et personne n’a répondu puisque je n’étais plus là. Cela l’a inquiétée, ou agacée, et elle a commencé à me chercher. Elle a contacté l’agence de travail, qui a aussi appelé la famille où j’étais hébergée. Elle a compris que je ne travaillais pas pour elle pendant ces deux dernières heures. Elle m’a donc virée parce que je ne tenais pas mon contrat et n’étais pas présente là où j’étais censée être.
Pourquoi le soulagement était plus fort que la déception
Mon dernier chèque d’une semaine entière n’a pas été payé : elle a bloqué les chèques à la banque. Tout mon salaire de cette semaine a été suspendu. Et pourtant, j’étais soulagée. Ce que je vivais là-bas était très difficile.
Le garçon malade ne savait pas gérer ses émotions. Quand il était énervé, il jetait des couteaux de cuisine vers moi. J’étais surprise et choquée, car je suis un être humain, et jeter un couteau quand on est en pleine émotion ne règle aucun problème. Je me suis sentie en danger. Ses deux petites sœurs assistaient à ces scènes dans la cuisine. Les exigences de la maman étaient hors normes par rapport au service à la maison. Je ne savais pas comment me défaire de ce contrat de travail qui ne me plaisait pas et qui ne correspondait pas à mes attentes.
Quand c’est elle qui m’a virée, je n’avais plus à prendre cette décision. J’étais libérée.
Les leçons apprises et un nouveau départ
Après ce licenciement, j’ai cherché et trouvé un autre emploi. Je travaillais comme serveuse dans un restaurant. La clientèle était posée, on me donnait des pourboires, on commandait des plats et des verres de vin, et je servais. Je travaillais moins d’heures, je gagnais un peu moins d’argent, mais c’était davantage dans le cadre de travail que je cherchais.
Cette expérience m’a appris quelque chose d’essentiel : je ne savais pas, à ce moment-là, m’extraire d’une situation qui ne me convenait pas. Je ne savais pas poser mes limites. C’est précisément ce que je transmets aujourd’hui dans mes cours.
Mon retour à San Francisco en 2016 : une autre Amérique
Les voyages que j’ai faits par la suite m’ont permis de voir une autre facette des États-Unis. Je suis allée à San Francisco en 2016 pour une semaine. C’était un voyage d’études avec l’école de commerce ESSEC.
Nous visitions des entreprises, les grands campus de la Silicon Valley. Nous étions hébergés dans une auberge de jeunesse, et nous avons visité beaucoup d’attractions touristiques. Tout cela dans une ambiance beaucoup plus cool et calme, comme dans un film, avec de jolis couchers de soleil devant les maisons colorées de San Francisco.
Pourtant, en moi, il restait cette peur et cette méfiance envers les Américains qui poussent en avant, qui ont une façade. Il est quelque part difficile de se connecter à un niveau plus humain, plus subtil. Je ne dis pas que ce niveau n’existe pas, je suis même convaincue qu’il existe. Ce que je fais, c’est une généralisation à partir de mon expérience personnelle.
Je sais aujourd’hui que je ne voudrais pas habiter aux États-Unis. Pas uniquement en raison de la sécurité, de la qualité de la nourriture qui est meilleure en Europe, ou de l’absence de frais de santé publique comme on les connaît en France. Mais surtout en raison des relations humaines, qui sont d’un autre niveau que ce que je recherche.
Ma philosophie de communication aujourd’hui : bienveillance et assertivité
Sur ma chaîne de négociation, ce que j’essaie de transmettre, ce sont les conversations cordiales, humaines, qui tiennent aux autres et qui construisent la relation.
Ce que je ne fais pas
Je n’enseigne pas la dispute. Je n’enseigne pas la manipulation. Je n’enseigne pas la rivalité. Je n’essaie pas de vous apprendre à être plus fort, à gagner à tout prix ou à écraser l’autre. Ce n’est pas dans mes valeurs.
Ce que je transmets
Je crois aux échanges qui construisent du lien, qui respectent l’autre tout en respectant soi-même. J’ai l’impression que mon passage aux États-Unis m’a marquée dans ce sens, en me montrant ce que je ne voulais pas reproduire dans ma propre approche.
Comment poser vos limites au travail avec le cours « Comment dire non »
Si, comme moi à vingt ans, vous ne savez pas comment vous extraire d’une situation qui ne vous convient pas, si vous êtes challengé par vos managers ou vos collègues, si vous prenez trop sur vous parce que vous ne savez pas refuser, vous défendre, dire non, ou si vous n’êtes pas d’accord pour travailler vendredi à dix-huit heures alors que ce n’était pas prévu, ce cours est fait pour vous.
Le programme du cours
C’est un cours de quatre semaines, avec quatre modules diffusés chaque lundi en replay, et un live pour les questions et réponses le jeudi. Il porte sur les compétences en assertivité : apprendre à poser ses limites pour diminuer les frictions au travail.
Mon conseil pour en tirer le maximum de bénéfice
Si vous voulez que ce cours vous apporte vraiment un bénéfice, invitez quelqu’un avec vous. À deux, la motivation augmente. Vous pouvez échanger ensemble et faire le point sur les situations de votre vie quotidienne. Prenez par la main une collègue et faites ce cours à deux.
👉 Pour vous inscrire, rendez-vous sur coursdenegociation.fr/direnon
De Chicago à mes cours de négociation : un fil rouge inattendu
Si je devais résumer ce que ce séjour américain m’a transmis, c’est ceci : il m’a montré, par contraste, le type de communication que je voulais construire dans ma vie et dans mon travail. Une communication qui prend soin de l’autre sans s’oublier soi-même. Une communication qui sait poser des limites avec bienveillance. Une communication qui construit, plutôt que d’écraser.
C’est exactement ce que je transmets aujourd’hui, semaine après semaine, à celles et ceux qui me suivent. Et si vous souhaitez commencer à poser vos propres limites au travail, mon cours « Comment dire non » est là pour vous accompagner.
